Fondamentaux
29 oct. 2013
L’histoire des fondamentaux du vélo a été complètement bousculée par l’évolution du panel des acheteurs potentiels. La
disparation dans les années 80 des coursiers au profit des cyclos sportifs a provoqué une modification importante au niveau du matériel vendu par les fabricants de vélo tout monté et
d’accessoires. Mon propos n’est pas d’analyser aujourd’hui cette mutation, mais d’expliquer pourquoi les fondamentaux de la préparation hivernale se sont évaporés.
J’explique !...................
Aujourd’hui, pour les vélos sont vendu avec des 52 X 39 et une roue libre de 12 X 26, bien étudiés pour monter
trois cols et rouler sur le plat en 52 x 17. Le cyclisme s’est ouvert massivement aux "vocations tardives", aux vététistes sans les bases acquises sur piste ou sur le
pignon fixe de l’école de cyclisme. Ces nouveaux utilisateurs de vélo, amateurs de longues chevauchées d’été digne d’étape du tour devaient avoir des braquets adaptées à des 6 heures de
selle voire plus. Alors le dieu marketing c’est adapté à ce nouveau marché .
Mais l’hiver, on roule avec le même vélo. Comme il est entendu, que la vélocité est essentiel, on tourne
les jambes avec un 39 X17 (4.83 m) sur le plat et on monte les cotes en 39 x 18 voire 19 (4.55 m). Sur le plat seul le poids des jambes et des pieds fait tourner les pédales, sans
travailler la remontée et dans les côtes, on continue à tourner les jambes. Avec pour résultat de perdre la puissance et de faire fondre les muscles. Le raisonnement est simple, on passe
plus de temps à ne pas forcer et quand cela va vite sur le plat on passe la grosse, mais comme il faut la mettre le moins possible l’hiver, on remonte derrière sur le 21 et on ne travaille
toujours pas. Sans parler du pédalage intégral, ce qui provoque des difficultés à se mettre la plaque dans les jambes, en début de saison, même si certains travaillent la puissance en montant les
bosses sur la plaque. Je n’aborde même pas les compacts. Nous parlons pour les gens qui font des courses ou ceux qui font des sorties de 100 bornes .
On tourne les jambes trop vite en travaillant uniquement les fibres rapides, les muscles du sprint. Mais si le sprint à vélo
ne dépasse pas le kilomètre et 400 m sur les stades… ce n’est pas pour rien. Il est impossible de maintenir ce rythme. Alors on nous a inventé des standards, de cadence de
pédalage sans s’occuper des âges, des longueurs de bielles, voire des tailles de pieds, bref de l’ergonomie de masse, même si, il est utile de travailler avec le plus de
technique possible. Attention, la science ne doit pas remplacer les sensations. Elément fondamental des sports d’endurance. Personne n’a jamais fait la différence sur le petit plateau. Dans les
cols, si vous tournez trop vite vous n’arrivez pas à maintenir la vitesse plus de 20 minutes environ et sur les côtes, vous ne faites pas assez la différence avec ceux qui montent
plus gros. Quand cela bascule en haut et qu’ils descendent les dents, ils bouchent en 500 m le faible écart. Ne confondons pas la moulinette réservée aux minimes et cadets avec leurs
braquets limités et la vélocité mélange de souplesse et d’efficacité. Le phénomène est encore amplifié par le VTT et ses développements atypiques.
Les vélos de course des années post cyclo sportives étaient tous équipés de braquet 52 x42 voir 44
devant et 12 x 19 sur des 8 ou 9 vitesses. Les coursiers représentaient la majorité des acheteurs. L’hiver nous roulions tous sur le 42 x 16 (5.60 m) soit 0.77 m par tour de plus
qu’en 39 x 17. Sur le plat comme dans les bosses (je parle de bosse pas de col) ou nous devions rester assis. Résultat nous travaillons la vélocité "active" sur le plat ? et la puissance
"véloce" dans les côtes. L’avantage est que nous passions plus de temps en vélocité, sans négliger la puissance . Avantage pas de perte de masse musculaire, travail du coup de pédale car
avec 5.60 m, la remontée du talon ne se fait pas automatiquement, il faut tirer sur les mollets. Dans cette configuration la danseuse est proscrite. La vitesse n’est pas
importante . L’objectif est de rester en "prise" musculaire sans faire monter le cœur qui doit se reposer en intersaison sans descendre trop bas. Il est certain que dans les trois premières
semaines ça tire un peu, les cuisses brulent et les mollets flambent .
Voilà ………….J’explique pourquoi il est préférable de passer l’intersaison de cette manière, si vous voulez faire des
courses ou tout simplement progresser. Ces fondamentaux s’appliquent aux longues distances. Il suffit d’allonger les sorties.
Quand l’été venu vous remettrez votre 39 de montagne, vous passerez les cols avec 2 dents de mieux et sur le plat vous
enroulerez plus facilement la plaque.
Maintenant je n’ai rien inventé non plus, EDDY MERCKX et ses 525 victoires s’entrainait comme ceci.
Chacun sa vérité et sa liberté, mais transmettre c’est aussi rendre libre
A vos 42 et bonnes routes.
Le Coach.