L’histoire des fondamentaux du vélo a été complètement bousculée  par l’évolution du panel des acheteurs potentiels. La disparation dans les années 80 des coursiers au profit  des cyclos sportifs a provoqué une modification  importante au niveau du matériel vendu par les fabricants de vélo tout monté et d’accessoires. Mon propos n’est pas d’analyser aujourd’hui cette mutation, mais d’expliquer  pourquoi les fondamentaux de la préparation hivernale  se sont évaporés.
J’explique !...................
Aujourd’hui, pour les vélos sont vendu avec des 52 X 39  et une roue libre de  12 X 26, bien étudiés pour monter trois cols et rouler sur le plat en 52 x 17. Le cyclisme s’est ouvert massivement aux "vocations tardives",  aux vététistes sans les bases acquises  sur  piste  ou sur le pignon fixe de l’école de cyclisme. Ces nouveaux utilisateurs de vélo,  amateurs de longues chevauchées d’été digne d’étape du tour devaient avoir des braquets adaptées à des 6 heures de selle voire plus.  Alors le dieu marketing c’est adapté à ce nouveau marché .
 Mais l’hiver,  on roule avec le même vélo. Comme il est  entendu, que la vélocité est essentiel, on tourne les jambes avec un 39 X17 (4.83 m) sur le plat et on monte les cotes en 39 x 18 voire 19 (4.55 m). Sur le plat seul le poids des jambes et des pieds fait  tourner les pédales, sans travailler la remontée et dans les côtes,  on continue à tourner les jambes. Avec pour résultat de perdre la puissance et de faire fondre les muscles. Le raisonnement est simple, on passe plus de temps à ne pas forcer et quand cela va vite sur le plat on passe la grosse, mais comme il faut  la mettre le moins possible l’hiver, on remonte derrière sur le 21 et on ne travaille toujours pas. Sans parler du pédalage intégral, ce qui provoque des difficultés à se mettre la plaque dans les jambes, en début de saison, même si certains travaillent la puissance en montant les bosses sur la plaque. Je n’aborde même pas les compacts. Nous parlons pour les gens qui font des courses ou ceux qui font des sorties de 100 bornes .
On tourne les jambes trop vite en travaillant uniquement les fibres rapides, les muscles du sprint. Mais si le sprint à vélo ne dépasse pas le kilomètre et 400 m sur les stades… ce n’est pas pour rien. Il est impossible de maintenir ce rythme. Alors on nous  a inventé  des standards,  de cadence de pédalage  sans s’occuper des âges, des longueurs de bielles, voire des tailles de pieds,  bref de l’ergonomie de  masse, même si, il est utile de travailler avec le plus de technique possible. Attention, la science ne doit pas remplacer les sensations. Elément fondamental des sports d’endurance. Personne n’a jamais fait la différence sur le petit plateau. Dans les cols, si vous tournez trop vite vous n’arrivez pas à maintenir la vitesse plus de 20 minutes environ  et sur les côtes, vous ne faites  pas assez la différence avec ceux qui montent plus gros. Quand cela bascule en haut et qu’ils descendent les dents, ils bouchent en  500 m le faible écart. Ne confondons pas la moulinette réservée aux minimes  et cadets avec leurs braquets limités et la vélocité mélange de souplesse et d’efficacité. Le phénomène  est encore amplifié par le VTT et ses développements atypiques.
Les vélos de course des années post  cyclo sportives étaient tous équipés de braquet  52 x42  voir 44 devant  et 12 x 19 sur des 8 ou 9 vitesses. Les coursiers représentaient  la majorité des acheteurs. L’hiver nous roulions tous sur le 42 x 16 (5.60 m) soit 0.77 m par tour de plus qu’en 39 x 17. Sur le plat comme dans les bosses (je parle de bosse pas de col) ou nous devions rester assis. Résultat nous travaillons la vélocité "active" sur le plat ? et la puissance "véloce" dans les côtes. L’avantage est que nous passions plus de temps en vélocité, sans négliger  la puissance . Avantage pas de perte de masse musculaire, travail du coup de pédale car avec  5.60 m, la remontée du talon ne se fait pas automatiquement,  il faut  tirer sur les mollets. Dans cette configuration la danseuse est proscrite. La vitesse n’est pas importante . L’objectif est de rester en "prise" musculaire sans faire monter le cœur qui doit se reposer en intersaison sans descendre trop bas. Il est certain que dans les trois premières semaines ça tire un peu, les cuisses brulent   et les mollets flambent .
Voilà ………….J’explique  pourquoi il est préférable de passer l’intersaison de cette manière, si vous voulez faire des courses ou tout simplement progresser. Ces fondamentaux s’appliquent  aux longues distances. Il suffit d’allonger les sorties.
Quand l’été venu vous remettrez votre 39 de montagne, vous passerez les cols avec 2 dents de mieux et sur le plat vous enroulerez plus facilement  la plaque.
Maintenant je n’ai rien inventé  non plus, EDDY MERCKX  et ses 525 victoires s’entrainait comme ceci.
Chacun sa vérité et sa liberté, mais transmettre c’est aussi rendre libre
A vos 42 et bonnes routes.
                                                                                                                             Le Coach.

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